Il y a un an …

Aujourd’hui est un jour un peu spécial pour Les Patchworks d’Utopie. Un jour spécial pour moi, surtout, l’artisane qui se cache derrière les sacs et les pochettes.

Il y a un an, j’apprenais à coudre une fermeture éclair.

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, je suis autodidacte. J’ai débuté la couture il y a 5 ans, juste avant la naissance de mon ainée. Je voulais qu’elle porte des couches lavables, dans un esprit de réduction des déchets et d’économie. Le budget pour s’équiper de couches neuves en quantité étant alors pour moi trop élevé, j’ai voulu les fabriquer moi-même et, justement, pendant la semaine internationale de la couche lavable, qui tombait à pic, j’ai appris à coudre une couche lavable pour la modique somme de 5€. J’étais alors une vraie débutante, je ne savais même pas utiliser une machine à coudre !

Ça a été une révélation et c’est ainsi qu’est née une passion. Non pas pour la couture des couches lavables (j’en ai néanmoins fait beaucoup pour mon usage personnel, certaines étaient tordues mais efficaces), mais l’été qui a suivi, alors jeune maman, j’ai cousu un tapis d’éveil que je conserve avec amour, même s’il est abimé et qu’il ne sert plus à présent. J’ai ensuite confectionné de petites choses simples pour mes filles, il y a eu beaucoup de ratés, mais jamais je ne me suis découragée. J’avais soif d’apprendre toujours de nouvelles choses, de tester, de me lancer des défis.

Un an plus tard, alors que j’achevais la rédaction de mon mémoire de master de philosophie (et qu’une seconde fois, mon ventre s’arrondissait), je tombais sur un passage de Mille Plateaux (Deleuze et Guattari, « Le lisse et le strié ») qui abordait l’histoire du Quilt, ces couvertures en patchwork que fabriquaient, à partir de morceaux d’étoffes, les colons américains. Le désir de coudre me brûlait les doigts et, mon mémoire terminé, je décidais de confectionner des couvertures en patchwork. Là encore, une passion est née, qui mêlait étrangement deux lignes significatives de mon existence. Et puis le patchwork était également une formidable excuse pour collectionner les morceaux de tissus.

A Lyon, je trouvais sans mal des étoffes de seconde main, à Notre-Dame des Sans Abris, Emmaüs, à la Croix-Rouge, dans des brocantes… J’étais atteinte et il me fallait un panel important de couleurs, nuances, motifs, textures et la place dévolue à la couture, dans ma vie comme dans mon appartement, devenait de jour en jour plus importante.

Mais les fermetures éclair, j’en avais peur. Cela me paraissait un monde.

Et il y a donc un an de cela, je me suis lancée, après avoir regardé un tuto sur internet. En fait ça n’était pas si compliqué, et cela ouvrait des perspectives couturières intéressantes. Alors j’ai fabriqué des pochettes (l’automne est dans ma famille la grande saison des anniversaires) et j’ai eu envie d’en fabriquer plein. De mixer couleurs et textures, de fabriquer des objets uniques, conçus comme de petits tableaux colorés qu’on rendrait plaisir à utiliser, parce qu’ils sont pleins de cette poésie charnelle qui nait du travail amoureux de la matière.

C’est donc là que j’ai eu l’idée de monter ma petite entreprise, de justifier ma pratique dévorante et chronophage en la transformant en travail. J’ai aussi décidé que, dans le cadre d’une activité professionnelle, je n’utiliserai aucune matière neuve (hormis mes étiquettes de marque et les pressions des essuies-tout). C’est à ce moment là que j’ai découvert que ce que je faisais, un peu instinctivement pour ma part, se nommait « Upcycling ».

Entre-temps j’ai acquis davantage de savoir-faire (manuel, j’entends, j’ai si peu de goût pour l’aspect commercial de mon activité), j’ai inventé des modèles, je me suis essayée aux sacs, là aussi j’ai essuyé de gros échecs, mais ceux-ci aussi m’ont beaucoup appris, j’ai un peu gagné en efficacité, j’ai suivi des lignes, écouté des conseils, et trouvé une excellente excuse pour collectionner encore plus de matériaux…

Voilà, ça a commencé il y a un an, tout ça, avec un petit tutoriel et un désir. N’est ce pas ainsi que les jolies choses naissent, par un désir fertile ?

Alors, en ce jour anniversaire, je tiens à remercier ceux qui me suivent, me soutiennent, ceux qui adoptent mes petites créations et qui, partant, participent à faire vivre et croire ma passion.

***

Pour les courageux que ça intéresserait, voici le lien PDF vers mon mémoire, le passage sur le patchwork se trouvant page 46.

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